jeudi 12 juillet 2007

Les enfants de la liberté

Je viens de terminer un livre... Et comme chaque livre dans lequel je plonge, je tourne la dernière page empreinte d'un certain mutisme... J'ai toujours besoin d'un long moment après les dernières lignes avant de revenir à ma réalité, un peu comme si j'avais emprunté celle d'un autre trop longtemps.

C'est une drole de sensation, celle d'être remuée par des tonnes d'émotions qui ne m'appartiennent pas, celle d'avoir vécu une vie étrangère à la nôtre, celle d'être remué par une existance, par des événements étrangers. Presque que comme si ma vie me devenait étrangère.

Je voulais dormir tôt... Je suis trop remuée.

C'est toujours comme ça quand je finis de parcourir les derniers mots d'un récit étranger à ma vie, c'est toujours comme ça quand je plonge dans l'histoire de quelqu'un d'autre, c'est toujours comme ça...

C'est une histoire tragique, empreint de soif de liberté, de courage, de volonté de vivre et de don de soi inconditionnel que celle des partisans révolutionnaires qui se sont battus pour la france, pour la liberté, pour la leur, pour celle des autres. Une bande d'adolescent, à peine, se battant jusqu'au bout de leurs sang, supportant souffrance et bravant la peur et la panique de façon inouïs pour un idéal en lequel il croyaient, pour un pays qui n'étaient pas le leur, pour avoir droit, ou plus souvent pour donner aux autres le droits de vivre librement.

Ça, c'était un vrai combat pour la liberté.  Attroce combat, baignant dans le sang versé de beaucoup trop d'innocents.

«Jeannot, tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains.»

C'est toujours comme ça, je me laisse envahir complètement par les histoires qui me sont racontées, envahir, bouleversé, chamboulée.

Ce soir, j'ai l'impression que ma vision sur la vie sera différente à tout jamais maintenant... maintenant que j'ai vu, l'horreur dont les hommes sont capable, par les yeux de qqun d'autre.

Mais je sais que demain, quand les marques du livres s'envolleront de l'histoire qui n'est pas la mienne, je vais continuer.

Mais je sais aussi que chaque livre qui me touche à ce point laisse en moi une marque, parfois subtile, une marque d'un vécu que je n'ai pas acquéris mais que j'ai entrevu l'espace de quelques pages.

Posté par gonariel à 05:01 AM - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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